La suppression des contrats aidés ou comment fragiliser un peu plus (si besoin en était) le monde associatif et celui de l’ESS.

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jeudi 7 septembre 2017, par Sylvie Roquain

Baisses de dotations aux collectivités locales, premier partenaire financier public des associations, disparition du ministère de la jeunesse et de la vie associative, baisse des subventions nationales, annulation de 130 millions d’autorisations d’engagement de dépenses étatiques et 46 millions de crédits de paiement au titre de la politique de la ville et enfin la décision du gel d’une partie des emplois aidés …..

Cette décision gouvernementale met en exergue une fois de plus, non seulement le peu d’intérêt manifesté pour le monde associatif qui prend en charge une partie non négligeable des missions d’intérêt général qui incombent à l’Etat, souligne l’absence de toute perspective gouvernementale en matière de politique de soutien au développement de la vie associative et rappelle clairement la vision du gouvernement pour qui la société civile se résume ou ne devrait se résumer qu’aux « start up » et « entrepreneurs ».

Dans le secteur non marchand, les contrats aidés devraient être réservés prioritairement à l’éducation nationale, au secteur médico-social et à la police. Rien n’est dit concernant l’ensemble du secteur associatif, pour lequel ils constituent pourtant souvent une contribution vitale à leur activité.
Les 1 300 000 associations existantes en France rassemblent 11 millions de bénévoles actifs. Elles sont indispensables à la démocratie, au développement du lien social et au pouvoir d’agir des citoyens.

S’ il est vrai que les contrats aidés constituaient des pis-aller (aucun dispositif digne de ce nom n’ayant été réellement pensé pour le secteur associatif) ils ont tout de même permis de donner du travail à des personnes qui en étaient dépourvues tout en permettant à des associations de développer leurs projets.

Une telle décision ouvre très clairement la porte à encore plus de difficultés sociales et de paupérisation, conduit à la faillite de nombreuses structures associatives et implique à moyen terme une dégradation sensible de la qualité de beaucoup de services publics...

En raison de l’atteinte au pouvoir d’agir des associations au service de l’intérêt général, Le Collectif des Associations Citoyennes (le CAC) participe à un recours au Conseil d’État afin d’obtenir l’annulation de la décision qui met brutalement de nombreuses personnes dans une situation intolérable. L’ensemble des organisations et acteurs de l’ESS, le MES, le Mouvement Associatif, le SYNDEAC ….travaillent également en ce sens.

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